Face au vieillissement progressif de la population active, l’emploi des seniors devient un enjeu majeur pour les entreprises françaises. Aujourd’hui, seuls 56 % des 55-64 ans sont en emploi, un chiffre bien en dessous de la moyenne européenne. Pour répondre à cette situation, le gouvernement a souhaité renforcer les dispositifs de maintien dans l’emploi des salariés âgés, tout en responsabilisant les employeurs.
Adopté définitivement par le Parlement en septembre 2025, le projet de loi sur la réforme de l’entretien professionnel marque un tournant : il impose aux entreprises un suivi renforcé des parcours professionnels à partir de 45 ans, avec un entretien dédié à la seconde partie de carrière pour les plus de 55 ans.
Cette réforme, qui entrera en vigueur début 2026, vise à :
Dans cet article, le cabinet Villié & Associés, expert en droit du travail à Paris, décrypte les principales mesures de cette réforme, ses impacts concrets pour les entreprises et les droits nouveaux ouverts pour les salariés en seconde partie de carrière.
Le cadre général de la réforme : objectifs et calendrier d’entrée en vigueurLe vieillissement de la population active est une réalité que les entreprises ne peuvent plus ignorer. En 2025, près de 20 % des salariés ont plus de 55 ans, mais leur taux d’activité reste inférieur à celui des autres pays européens.
Résultat : beaucoup quittent l’emploi avant l’âge légal de départ à la retraite, souvent par usure professionnelle, absence de perspectives ou manque de suivi.
Le gouvernement a donc souhaité agir en amont, en misant sur la formation et l’entretien professionnel pour maintenir l’engagement et les compétences des salariés dans la seconde partie de carrière.
Objectif principal : rendre le marché du travail plus inclusif pour les 45-64 ans, en obligeant les entreprises à suivre de manière plus proactive leurs parcours.
Le projet de loi “pour un emploi durable et inclusif des seniors” a été définitivement adopté par le Parlement le 17 septembre 2025, après plusieurs mois de débats entre syndicats et représentants patronaux.
Ce texte crée une obligation renforcée d’entretien professionnel dès 45 ans, et un entretien spécifique “seconde partie de carrière” à partir de 55 ans.
L’entrée en vigueur est prévue au 1er janvier 2026, avec publication d’un décret d’application attendu en fin d’année 2025.
Cette réforme s’articule avec :
Jusqu’ici, l’entretien professionnel était obligatoire tous les deux ans pour tous les salariés, avec un bilan récapitulatif tous les six ans. La réforme de 2025 maintient cette structure mais y ajoute deux nouveautés majeures :
Ce nouvel entretien ne se substitue pas à l’entretien professionnel classique, mais s’ajoute à lui.
Les entreprises qui ne respectent pas leurs obligations d’entretien s’exposent à :
La traçabilité devient essentielle : chaque entretien devra être formalisé, daté, signé et conservé.
La réforme de l’entretien professionnel ne se limite pas à une formalité RH. Elle s’inscrit dans une volonté politique claire : mieux accompagner la seconde partie de carrière, sécuriser les parcours professionnels, et lutter contre la mise à l’écart progressive des plus de 55 ans.
À partir de 55 ans, les salariés bénéficient désormais d’un entretien de “seconde partie de carrière”, au cours duquel l’employeur doit :
L’objectif est d’éviter les ruptures brutales et de permettre au salarié de construire un projet professionnel cohérent jusqu’à la retraite.
Les salariés seniors bénéficient désormais d’un accès prioritaire à plusieurs outils :
Ces droits doivent être explicitement abordés lors de l’entretien, et ne peuvent être écartés sans justification.
La réforme rappelle aussi les principes fondamentaux du Code du travail :
Aucun salarié ne peut être écarté d’un processus de recrutement, de formation, ou de promotion en raison de son âge.
En 2025, le ministère du Travail prévoit :
La réforme de 2025 ne laisse pas de place à l’improvisation. Les employeurs doivent anticiper l’entrée en vigueur des nouvelles obligations dès le 1er janvier 2026, sous peine de sanctions financières et de contentieux sociaux.
Avant toute chose, les directions RH doivent effectuer un diagnostic complet de leur population salariée :
Ce travail préparatoire permettra de justifier, en cas de contrôle, que l’entreprise respecte ses obligations vis-à-vis des seniors.
Pour être conforme à la réforme, il faut adapter à la fois les outils et les postures managériales :
L’implication du management de proximité est clé pour faire de ces entretiens un levier RH et non une simple obligation administrative.
Spécialiste en droit social et stratégie RH, le cabinet Villié & Associés propose un accompagnement complet pour :
En cas de contrôle ou de contentieux prud’homal, notre cabinet intervient également en défense des intérêts de l’entreprise ou du salarié concerné.
Anticiper la réforme, c’est éviter le risque social
L’adoption définitive de la réforme de l’entretien professionnel en 2025 marque une nouvelle étape dans la politique de l’emploi des seniors. Dès 45 ans, les entreprises devront assurer un suivi renforcé des parcours professionnels, avec un entretien spécifique dès 55 ans.
Cette réforme oblige les employeurs à adapter rapidement leurs pratiques RH :
Pour les salariés, c’est aussi l’occasion de faire valoir de nouveaux droits : parcours de fin de carrière accompagné, accès facilité à la formation, lutte contre les discriminations liées à l’âge.
Dans ce contexte, le cabinet Villié & Associés, expert en droit du travail à Paris, vous accompagne :
Vous êtes DRH, dirigeant ou salarié senior ?
Contactez-nous dès maintenant pour anticiper la réforme, sécuriser vos pratiques et transformer cette nouvelle obligation en opportunité RH.
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