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Nouveau congé de naissance en 2026 : une réforme qui change la donne pour les parents salariés

Pendant longtemps, le congé parental d’éducation a été critiqué pour son faible niveau d’indemnisation et son impact sur la carrière des parents, en particulier des mères. Malgré son objectif louable, il reste aujourd’hui peu utilisé, faute de garanties financières suffisantes.

C’est dans ce contexte que le gouvernement a annoncé la création d’un nouveau congé de naissance, intégré au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Présentée comme une réforme majeure de la politique familiale, cette mesure vise à offrir aux parents un congé plus court, mais mieux indemnisé, pris immédiatement après les congés de maternité et de paternité.

Contrairement à certaines annonces initiales, ce nouveau dispositif ne signe pas la disparition immédiate du congé parental d’éducation. Il vient s’y ajouter, avec l’ambition de favoriser une répartition plus équilibrée du congé entre les deux parents et de limiter les ruptures prolongées avec l’emploi.

Cette réforme s’inscrit dans une évolution plus large du droit du travail, qui cherche à mieux concilier vie familiale et vie professionnelle, tout en renforçant la protection des salariés face aux risques de discrimination ou de frein à la carrière liés à la parentalité.

Mais concrètement, que prévoit ce nouveau congé de naissance ? Qui pourra en bénéficier, à partir de quand, et avec quelles garanties pour les salariés comme pour les employeurs ? Autant de questions essentielles auxquelles cette réforme entend répondre, et que nous allons décrypter.

Un renseignement ?

Pourquoi créer un nouveau congé de naissance ?

La création d’un nouveau congé de naissance ne résulte pas d’un simple ajustement technique. Elle répond à un constat largement partagé par les pouvoirs publics, les partenaires sociaux et les professionnels du droit : le congé parental d’éducation, dans sa forme actuelle, ne remplit plus pleinement ses objectifs.

Les limites du congé parental d’éducation

Le congé parental permet aujourd’hui à un parent de suspendre son contrat de travail jusqu’aux trois ans de l’enfant. Sur le papier, le dispositif offre une grande souplesse. En pratique, il est souvent difficilement compatible avec la réalité économique des ménages.

Plusieurs limites sont régulièrement pointées :

  • une indemnisation très faible, via la PreParE, insuffisante pour compenser la perte de salaire ;
  • un impact négatif sur la carrière, notamment en termes d’évolution professionnelle et de rémunération ;
  • une prise majoritairement féminine du congé, renforçant les inégalités entre les femmes et les hommes ;
  • une reprise d’activité parfois complexe, avec des risques de mise à l’écart ou de déclassement.

Ces difficultés expliquent pourquoi de nombreux parents renoncent au congé parental, malgré un besoin réel de présence auprès de leur enfant dans les premiers mois.

Les objectifs affichés par la réforme

Face à ce constat, le nouveau congé de naissance poursuit plusieurs objectifs clairement affichés par le gouvernement.

Il s’agit notamment :

  • de proposer un congé plus court mais mieux indemnisé, pour le rendre réellement accessible ;
  • d’encourager une répartition plus équilibrée du congé entre les deux parents ;
  • de limiter les ruptures prolongées avec l’emploi, souvent pénalisantes à long terme ;
  • de renforcer l’attractivité des dispositifs liés à la parentalité.

À travers cette réforme, l’exécutif souhaite faire évoluer les pratiques professionnelles et inscrire la parentalité dans une logique plus compatible avec le monde du travail actuel.

Qu’est-ce que le nouveau congé de naissance ?

Le nouveau congé de naissance a vocation à s’insérer dans le parcours des congés existants liés à l’arrivée d’un enfant. Il ne remplace ni le congé maternité, ni le congé paternité, mais vient compléter ces dispositifs afin de couvrir la période immédiatement postérieure à la naissance ou à l’adoption.

Un congé distinct des congés maternité et paternité

Concrètement, le nouveau congé de naissance interviendrait :

  • après la fin du congé maternité, pour la mère ;
  • après le congé paternité et d’accueil de l’enfant, pour l’autre parent.

L’objectif est de prolonger la présence des parents auprès de leur enfant durant les premiers mois, sans imposer une interruption professionnelle longue et peu indemnisée, comme c’est le cas avec le congé parental d’éducation.

Ce nouveau congé se veut donc :

  • plus court dans sa durée,
  • mais mieux indemnisé,
  • et davantage compatible avec une reprise d’activité rapide.

Qui pourra en bénéficier ?

Selon les éléments communiqués à ce stade, le nouveau congé de naissance serait ouvert :

  • aux parents salariés, qu’ils soient en CDI ou en CDD ;
  • aux deux parents, sans distinction de sexe ;
  • pour les enfants nés ou adoptés à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, sous réserve de la publication des décrets d’application.

Chaque parent pourrait bénéficier du congé, ce qui marque une volonté claire de favoriser une implication plus équilibrée dans la prise en charge de l’enfant.

Un dispositif encore en construction

Si les grandes lignes de la réforme sont désormais connues, plusieurs points restent à préciser par voie réglementaire, notamment :

  • la durée exacte du congé pour chaque parent ;
  • les modalités de prise (simultanée ou alternée) ;
  • les conditions précises d’indemnisation ;
  • et les obligations déclaratives pour les employeurs.

Ces éléments seront déterminants pour mesurer l’impact réel de la réforme, tant pour les salariés que pour les entreprises.

Durée et modalités du nouveau congé de naissance

L’un des points centraux de la réforme concerne la durée du nouveau congé de naissance et ses modalités de prise. Le gouvernement souhaite rompre avec la logique du congé parental d’éducation long et faiblement indemnisé, au profit d’un dispositif plus court, mais plus protecteur sur le plan financier.

Une durée plus courte, pensée pour rester connecté à l’emploi

Contrairement au congé parental d’éducation, qui peut durer jusqu’à trois ans, le nouveau congé de naissance est conçu comme un congé de quelques semaines ou quelques mois.
L’objectif est clair : permettre aux parents de rester présents auprès de leur enfant dans les premiers mois, sans provoquer une coupure prolongée avec le monde professionnel.

Cette durée volontairement limitée vise à :

  • réduire l’impact négatif sur la carrière ;
  • faciliter le retour à l’emploi ;
  • limiter les risques de déclassement ou de mise à l’écart après le congé.

Si la durée exacte reste à préciser par décret, les premières orientations évoquent un congé substantiellement plus court que le congé parental, mais mieux structuré.

Des modalités de prise plus souples

Le nouveau congé de naissance pourrait être pris :

  • à la suite des congés maternité et paternité ;
  • de manière simultanée ou alternée par les deux parents ;
  • selon des modalités permettant une organisation plus souple pour les familles.

Cette flexibilité répond à une réalité de terrain : les situations familiales et professionnelles sont diverses, et un dispositif trop rigide risquerait de limiter l’accès au congé.

Une articulation avec les congés existants

Le nouveau congé de naissance ne supprime pas les dispositifs actuels. Il s’insère dans un parcours global de congés liés à la parentalité, aux côtés :

  • du congé maternité,
  • du congé paternité et d’accueil de l’enfant,
  • et du congé parental d’éducation, qui demeure en vigueur à ce stade.

Cette articulation devra toutefois être précisée pour éviter toute confusion et sécuriser juridiquement les employeurs comme les salariés.

Quelle indemnisation pour les parents ?

L’indemnisation constitue sans doute le cœur de la réforme du nouveau congé de naissance. C’est précisément sur ce point que le congé parental d’éducation montre aujourd’hui ses limites et explique son faible recours par de nombreux parents salariés.

Une indemnisation jugée insuffisante aujourd’hui

Actuellement, le congé parental d’éducation ouvre droit à la PreParE, une prestation forfaitaire versée par la CAF. Son montant, relativement faible, ne permet pas à de nombreux foyers de compenser la perte de revenus liée à la suspension ou à la réduction de l’activité professionnelle.

Cette réalité a plusieurs conséquences :

  • un renoncement au congé parental, malgré un besoin réel ;
  • une prise du congé majoritairement par les femmes, avec un impact durable sur leur carrière ;
  • un retour à l’emploi parfois contraint, faute de solution financière viable.

Le nouveau congé de naissance entend répondre directement à ces difficultés.

Vers une indemnisation plus protectrice

Le principe affiché par le gouvernement est celui d’un congé mieux indemnisé, afin de le rendre réellement accessible au plus grand nombre.
Sans que les modalités exactes soient encore définitivement fixées, les orientations actuelles vont dans le sens :

  • d’une indemnisation supérieure à celle du congé parental d’éducation ;
  • d’une prise en charge assurée par la Sécurité sociale ;
  • d’un dispositif plus lisible pour les salariés comme pour les employeurs.

Cette amélioration de l’indemnisation constitue un levier essentiel pour encourager une répartition plus équilibrée du congé entre les deux parents.

Des modalités encore attendues par décret

Plusieurs éléments clés restent toutefois en suspens et devront être précisés par des décrets d’application, notamment :

  • le montant exact de l’indemnité ;
  • l’existence éventuelle de plafonds ;
  • les conditions d’ouverture des droits ;
  • les règles de cumul avec d’autres prestations.

Ces précisions seront déterminantes pour mesurer l’impact concret de la réforme sur le quotidien des parents salariés et sur l’organisation des entreprises.

Le congé parental d’éducation va-t-il disparaître ?

L’annonce du nouveau congé de naissance a rapidement suscité des inquiétudes chez de nombreux parents salariés. Une question revient fréquemment : le congé parental d’éducation est-il voué à disparaître ?
À ce stade, la réponse est non.

Le congé parental d’éducation est maintenu

Contrairement aux premières pistes évoquées par le gouvernement, le congé parental d’éducation n’est pas supprimé par la réforme intégrée au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.
Il demeure donc possible, pour les parents, de suspendre ou d’aménager leur activité professionnelle sur une période plus longue, dans les conditions actuelles prévues par le Code du travail.

Le nouveau congé de naissance vient s’ajouter aux dispositifs existants, sans les remplacer immédiatement.

Une évolution progressive plutôt qu’une suppression brutale

Si le congé parental d’éducation est maintenu, la réforme traduit néanmoins une volonté de transformation progressive de la politique familiale.
En créant un congé plus court et mieux indemnisé, le législateur cherche à orienter les pratiques vers des solutions :

  • plus compatibles avec l’emploi ;
  • moins pénalisantes pour les carrières, notamment féminines ;
  • mieux adaptées aux contraintes économiques des familles.

À moyen terme, il n’est pas exclu que le congé parental d’éducation fasse l’objet d’ajustements ou d’évolutions, mais aucune suppression n’est actée à ce jour.

Une période de transition à anticiper

Cette coexistence de plusieurs dispositifs peut générer des interrogations pratiques, tant pour les salariés que pour les employeurs :

  • quel congé privilégier selon sa situation personnelle ?
  • comment articuler congé de naissance et congé parental ?
  • quelles conséquences sur le contrat de travail et la protection du salarié ?

Autant de questions qui appellent une lecture attentive des textes à venir et des décrets d’application, afin d’éviter toute insécurité juridique.

Quelles obligations pour l’employeur ?

La mise en place du nouveau congé de naissance ne concerne pas uniquement les parents salariés. Elle emporte également des obligations précises pour les employeurs, qui devront intégrer ce nouveau dispositif dans leur gestion des ressources humaines et sécuriser leurs pratiques.

La suspension du contrat de travail et la protection du salarié

Comme pour les autres congés liés à la parentalité, le nouveau congé de naissance entraînera une suspension du contrat de travail.
Pendant cette période, l’employeur devra respecter plusieurs principes fondamentaux :

  • interdiction de rompre le contrat en raison de la prise du congé ;
  • interdiction de toute mesure discriminatoire, directe ou indirecte, liée à la parentalité ;
  • maintien des droits acquis par le salarié (ancienneté, protection sociale, etc.).

À l’issue du congé, le salarié devra retrouver :

  • son poste initial, ou
  • un emploi similaire assorti d’une rémunération équivalente.

Ces garanties s’inscrivent dans la continuité des principes généraux du droit du travail, qui protègent les salariés contre les atteintes liées à la vie familiale.

L’organisation du travail et l’anticipation RH

Sur le plan pratique, le nouveau congé de naissance impliquera pour les employeurs :

  • une anticipation des absences ;
  • une adaptation temporaire de l’organisation du travail ;
  • une information claire des équipes et des services RH.

L’enjeu sera d’intégrer ce nouveau congé sans créer de tensions internes ni de déséquilibres durables, notamment dans les structures de petite taille.

Les risques juridiques en cas de non-respect

Le non-respect des obligations liées au congé de naissance pourra exposer l’employeur à des risques contentieux, notamment :

  • actions devant le Conseil de prud’hommes ;
  • condamnations pour discrimination liée à la parentalité ;
  • versement de dommages et intérêts en réparation du préjudice subi par le salarié.

À mesure que le dispositif entrera en application, la jurisprudence précisera les contours de ces obligations et les pratiques à proscrire.

Une réforme structurante à suivre de près

Le nouveau congé de naissance marque une évolution importante de la politique familiale et du cadre juridique applicable aux parents salariés. En proposant un congé plus court mais mieux indemnisé, le législateur cherche à répondre aux limites du congé parental d’éducation et à favoriser une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.

Si le congé parental d’éducation demeure en vigueur à ce stade, la coexistence de plusieurs dispositifs appelle à une vigilance accrue, tant pour les salariés que pour les employeurs. Les modalités précises du nouveau congé de naissance, notamment en matière de durée et d’indemnisation, dépendront encore de décrets d’application déterminants pour son déploiement effectif.

Cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large du droit du travail, qui tend à renforcer la protection des salariés face aux enjeux de parentalité, tout en invitant les entreprises à adapter leurs pratiques. Son impact réel ne pourra être pleinement mesuré qu’à l’aune de sa mise en œuvre concrète et des premières décisions jurisprudentielles.

Dans ce contexte, rester informé des évolutions législatives et réglementaires à venir est essentiel pour anticiper les droits, obligations et risques liés à ce nouveau congé de naissance.

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